Fabricating for the future (EFN)

Amid the ghostly fi gures of baobab trees, in West Africa’s semi-desert region of Diourbel, Rose Skelton gets to grips with one of Senegal’s most successful fashion houses

tisser le futur

Au milieu des baobabs fantomatiques, dans la zone sahélienne du Sénégal en Afrique de l’Ouest, Diourbel, Rose Skelton nous dépeint la ‘success story’ d’une entreprise de textile sénégalaise

Asandy track leads to the small village of Ndem. It’s 11 kilometres from the nearest town of any size and from the nearest paved road. Stretching into the distance on both sides of the track are the ghostly figures of baobabs, the leafless trees with elephantine trunks that are a symbol of this part of Africa. A hot wind picks up loose sand and whirls it across the otherwise stark landscape as a wooden cart pulled by a horse carries passengers from one remote village to the next.

It seems an unlikely place for the headquarters of one of Senegal’s most successful fashion houses, but Ndem is the home of Maam Samba, a company that produces brightly coloured garments and high-quality household items made from hand-woven cotton that is dyed using traditional Senegalese techniques. The goods, produced in the village by locals, go through strict quality control before being sent to outlets across Europe and North America.

The company was started 16 years ago by one man and his wife in this semi-desert region of Senegal, 120 kilometres from the capital Dakar. Since then it has grown from having a handful of employees to having 365 workers. It’s one of Senegal’s most colourful success stories.

Un chemin sablonneux conduit au petit village de Ndem. Il se trouve à 11 kilomètres de ce que l’on pourrait décrire comme la ville la plus proche en terme de taille, et de la première route pavée. De chaque côté de la piste aride sont alignés des baobabs, aux immenses branches tortueuses, qui dans le lointain, ont des allures étranges. Cet arbre sans feuilles et au tronc éléphantesque est le symbole de cette région de l’ Afrique. Un vent chaud soulève des grains de sable et les fait tournoyer dans ce paysage de désolation; un cheval tire une carriole avec des passagers qui viennent d’un village éloigné pour se rendre dans le village voisin.

Rien n’indique à première vue que nous sommes ici au quartier général de l’une des sociétés de vêtements de mode les plus en vue du Sénégal. Ndem est le centre d’activités de Maam Samba, une société qui produit de somptueux vêtements colorés et du linge de maison de grande qualité en coton, cousus main et teints selon des techniques traditionnelles du Sénégal. Toute la production est prise en charge par les habitants du village et elle passe de nombreux contrôles de qualité avant d’être envoyée dans les circuits de distribution d’Europe et d’Amérique du Nord. Depuis sa création il y a 16 ans, cette entreprise artisanale fondée par un homme et son épouse dans cette région semi-désertique du Sénégal, à 120 kilomètres de la capitale Dakar, s’est développée d’un petit groupe d’employés jusqu’à 365 personnes aujourd’hui. C’est l’un des succès les plus fulgurants du Sénégal.

The story behind the success

Serigne Babacar (Ndem’s spiritual leader) sits on a woven mat dressed in a long white robe, his dreadlocks piled up beneath a black knitted bonnet. His French wife, Aisa, sits beside him and the two of them discuss their plans for the company. Now that Maam Samba’s products are being sold in countries around the world, the next step is to produce the cotton themselves – organically. They are also planning to build an agricultural college so that young villagers can stay on their land to study, instead of having to travel to the city or, more likely, not study at all.

This has been the drive behind the company from the very beginning. “Our era is characterised by a waiting to leave for overseas,” says Serigne Babacar. He returned from France to his father’s village of Ndem some 20 years ago to find that only the very young and the elderly remained because of a lack of work. “People leave for the towns, abandon their villages and abandon their culture.”

Serigne Babacar is the leader of a branch of an Islamic spiritual group known as the Baay Fall, who believe that hard work, not just the orthodox prayer or fasting, is a way of reaching God. This has been part of the success of the venture, as villagers tend to be more disciplined and find the work both spiritually and financially fulfilling.

When he returned to Ndem, Babacar also found that there were no schools or hospitals. Only the very lucky were able to travel the 11 kilometres to the school in town and, with parents away in the cities looking for work, families were often forced to live apart.

One woman, who works in the village washing clothes, speaks of her life before she found local employment. “We were nomads before,” she says, describing how she would spend most of the year away from her husband and children washing clothes in Dakar. “Now I am very happy to stay here and live in the village.” Her children, gathered at her feet, have just left school for the day. Before, she explains, her children couldn’t go to school. Because of Maam Samba they will now have an education.

The profits from the company have been invested into the village of Ndem and 15 other villages in the surrounding area. There are now three schools as well as a health and maternity clinic. There are also two deep-level boreholes so that villagers can grow vegetables and have water year-round, and there’s a bank with a micro-credit facility. Non-governmental and aid organisations are starting to take an interest in the development of Maam Samba and what can be learnt from it to help other communities buck the trend of rural decline.

L’histoire derrière la réussite

Serigne Babacar (le chef spirituel de Ndem) est assis sur un tapis tissé, revêtu d’une longue robe blanche, ses dreadlocks retenues sous un bonnet en tricot noir. Sa femme française, Aisa, se tient assise derrière lui et à deux, ils parlent des perspectives de la compagnie. Comme les produits de Maam Samba sont vendus dans le monde entier, la prochaine étape serait de produire leur propre coton, de culture biologique. Ils prévoient également la construction d’un institut supérieur agricole pour que les jeunes villageois puissent rester dans leur région pour suivre des études, au lieu d’être obligés de partir à la ville, ou encore, ne pas faire d’études du tout.

C’est cette volonté de maintenir une activité sur ses propres terres qui a motivé le démarrage de l’entreprise. “Notre époque est caractérisée par l’exode,” affirme Serigne Babacar, rentré de France pour un séjour dans le village de son père, à Ndem, il y a une vingtaine d’années. Il y constate que seuls les enfants très jeunes et les aînés restent, en raison du manque de travail. “Les populations partent pour la ville, abandonnent leurs villages et en même temps leur culture.”

Serigne Babacar est le chef d’une des communautés musulmanes du Sénégal, les Baay Fall, qui croient à la vertu du travail. Pour eux, si la prière ou le jeûne ont leur place dans la vie religieuse, une des meilleures façons de servir Dieu est de travailler. Ce goût du travail a porté ses fruits, les villageois le perçoivent comme un acte quotidien qui les comble spirituellement et financièrement.

Lors de son retour à Ndem, Serigne Babacar, découvre également qu’il n’y a ni écoles ni hôpitaux. Seuls quelques favorisés peuvent se permettre d’effectuer la distance de 11 kilomètres pour se rendre à l’école de la ville, sans compter qu’avec les parents qui partent chercher du travail, les familles vivent séparées.

Une de ces femmes qui travaille maintenant dans son propre village comme blanchisseuse, nous parle de sa vie passée.

“Avant, nous étions des nomades,” raconte-telle, expliquant qu’elle passait une grande partie de l’année loin de son mari et de ses enfants, dans une blanchisserie à Dakar. “Aujourd’hui je suis tellement heureuse de pouvoir rester ici et de travailler dans le village.” Ses enfants, rassemblés autour d’elle, viennent juste de sortir de l’école où ils recevront un bon niveau d’éducation.

Les bénéfices de la société ont été investis dans le village de Ndem et dans 15 villages des alentours. On y trouve à l’heure actuelle deux écoles ainsi qu’un centre de soins et une maternité. Deux puits ont été également creusés pour que les gens du village puissent irriguer des cultures et avoir de l’eau en suffisance toute l’année, et une banque propose des services de micro-crédit. De nombreuses organisations non gouvernementales et humanitaires commencent à regarder avec beaucoup d’intérêt cet essor de Maam Samba afin de voir comment sa structure de développement pourrait soutenir d’autres sociétés émergentes et enrayer le déclin des zones rurales.

Hope for the future

Close to the village are the workshops, immaculate whitewashed buildings housed within a walled compound with blooming pink flowers climbing around the door frames. This is where the whole process takes place, from raw cotton to brightly coloured patchwork hammocks, tailored jackets with delicate embroidery and scarves dyed with clay and charcoal, a technique traditionally used throughout West Africa.

Underneath a corrugated metal awning, head weaver Mbissan Diop sits on a wooden stool surrounded by his young sons. With the loom making a steady clack-clack as his sons use their hands and feet to weave strips of cotton cloth, he talks of his life now that Maam Samba is a successful company.

“I used to travel all over Senegal to sell my cloth at the weekly markets. The other weavers were doing the same thing. But when they saw that things were working for me here at Ndem, I started to recruit weavers. Now we are 117 in total, just for the centre at Ndem.”

Because he no longer has to travel across the country to sell his wares, Mbissan has been able to pass on to his sons his knowledge of weaving. Souleyman, his youngest at 14, walks 9 kilometres every morning and evening across the hot desert landscape from his village to get to the craft centre. He’s widely known to be the best weaver of the younger generation.

“I will keep weaving for the rest of my life,” says the youngster with a grin spreading across his face. He is just one of the hundreds of people in this region whose lives have been turned around by Maam Samba.

Un espoir pour l’avenir

Tout près du village se trouvent les ateliers, des bâtiments blanchis à la chaux construits à l’intérieur d’une enceinte, où fleurit une végétation d’un rose éblouissant autour des embrasures des portes. C’est là que l’ensemble du processus de production se passe, depuis le coton brut jusqu’aux hamacs faits de patchworks bigarrés, aux vestes superbement coupées avec des broderies fines et aux foulards teints à l’argile et au charbon, une technique traditionnelle utilisée dans toute l’Afrique de l’Ouest.

Abrité sous un auvent de tôle ondulée, le chef tisserand Mbissan Diop est assis sur une chaise en bois, entouré de ses jeunes fils. Avec en bruit de fond le ‘clac-clac’ à répétition du métier à tisser, ses garçons utilisant leurs mains et leurs pieds pour tisser les bandes de l’étoffe de coton, il nous retrace son parcours, maintenant que Maam Samba est une exploitation prospère.

“Auparavant, je vendais mes vêtements partout au Sénégal, sur les marchés hebdomadaires. Les autres tisserands faisaient de même. Et lorsqu’ils ont vu que cela marchait bien pour moi ici à Ndem, j’ai commencé à recruter. Nous sommes au total 117, pour le seul centre de Ndem.”

Comme Mbissan ne doit plus voyager à travers le pays pour vendre ses vêtements, il a pu également transmettre son savoir-faire à ses enfants. Souleyman, son plus jeune fils, âgé de 14 ans, marche chaque matin et chaque soir 9 kilomètres dans la chaleur accablante du désert, pour rejoindre le centre d’artisanat. Il a déjà la réputation d’être un des tisserands les plus prometteurs de sa génération.

“Je ferai ce métier toute ma vie,” sourit le jeune garçon. Il fait partie de ces centaines de personnes dans la région dont la vie a été transformée par Maam Samba.

Weven aan een betere toekomst

Een smal zandpad leidt naar het dorpje Ndem. De dichtstbijzijnde stad en aangelegde weg liggen op 11 kilometer. Een onwaarschijnlijke plaats voor het hoofdkantoor van zowat het succesrijkste modehuis van Senegal. En toch. Ndem is de thuisbasis van Maam Samba, een bedrijf dat kleurige kledingstukken en hoogwaardige huishoudartikelen maakt van handgeweven katoen, gekleurd volgens traditionele Senegalese technieken. De producten worden geweven door lokale ambachtslui en ondergaan een strenge kwaliteitscontrole vóór ze naar winkels over heel Europa en Noord-Amerika vertrekken. Zestien jaar geleden begon Serigne Babacar het bedrijf met een handvol medewerkers. Vandaag telt het personeelsbestand 365 werknemers.

De winst van het bedrijf vloeit terug naar Ndem en de 15 omliggende dorpen. Ondertussen zijn er twee scholen, een klein ziekenhuis en een kraamkliniek. Bovendien werden twee diepe waterputten geboord, zodat de dorpelingen het hele jaar water hebben en groenten kunnen telen.

Hoofdwever Mbissan Diop moest vroeger “heel Senegal afreizen om zijn stoffen op markten te verkopen”. Nu reizen niet meer hoeft, heeft hij zijn kennis op zijn zonen kunnen overdragen. Zijn jongste zoon, de 14-jarige Souleyman, staat in de wijde omtrek bekend als de beste wever van de nieuwe generatie.

“Ik blijf de rest van mijn leven wever”, zegt de jongen met brede glimlach. Hij is een van de vele honderden mensen in de streek wiens leven voorgoed veranderde dankzij Maam Samba.

Samba shopping

If you want to buy some of Maam Samba’s handmade products, head to Dakar, St Louis or even Brussels
Si vous désirez acheter des textiles faits mains de Maam Samba, rendez-vous à Dakar, St Louis et même Bruxelles

Institute Léopold Sédar Senghor, ex- CCF
Rue Joseph Gomis, Dakar

Galerie Maam Samba
At the crossroads of Hotel Ambre, Almadie, Dakar
Opposite Société Générale.
En face de la Société Générale.

Keur Fall
Quai Roume, St Louis
Behind Hotel de la Residence.
Derrière l’Hôtel de la Résidence.

Its partners in Belgium are:
Les partenaires en Belgique:

The African House
SPL 260 Avenue Brugmann, 1180 Brussels, Belgium

Djefdjel
Tel. +32 (0)48 63 21 384

Orders must be placed by phone or email djefdjel@yahoo.fr
Les commandes se font obligatoirement par téléphone ou par email djefdjel@yahoo.fr

Maam Samba’s website:
La site Web de Maam Samba: www.maamsamba.com

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