Branding Belgium eco-friendly (E F N)

Les éco-labels belges

Des produits ménagers en passant par la bière et l’énergie verte, Boyd Farrow passe en revue les marques belges qui se positionnent avec force sur le terrain environnemental

Lors de Park+Road en janvier dernier, le premier salon belge commercial pour “la mobilité, le parking et la sécurité routière”, Roland Cracco déclarait non sans émotion que sa société était en passe de devenir la référence la plus verte dans le secteur des parkings en Belgique. Jusqu’à présent, a-t-il déclaré, 55 des 69 sites d’Interparking fonctionnent à l’énergie verte, fournie par la compagnie Electrabel, basée à Bruxelles. De plus, d’ici 2010, tous les sites seront neutres en CO2. “Nous avons été inspirés par les couleurs de notre logo. Faites l’expérience, si vous mélangez du bleu et du jaune, vous obtiendrez du vert,” a déclaré Cracco, avec une telle empathie qu’il a en presque fait de l’ombre au très médiatique Al Gore.

Bien entendu, on serait en droit de se demander à quel point marcher ou prendre son vélo ne serait pas plus vert, au lieu de conduire et de garer sa voiture, mais cette question n’est visiblement pas à l’ordre du jour. En Belgique, un pays entouré par des voisins allemands, militants passionnés adorateurs des arbres, et hollandais fiers de leurs moulins à vent, l’écologie est un signe de valeur. À côté d’Electrabel et de son agenda vert, le pays est aussi la base de Thenergo, société de pointe mondiale qui produit de l’électricité et de la chaleur à partir de gaz naturel, de fuel bio et de biomasse. Au même moment, Carrefour Belgique, une filiale du géant français de la distribution, est en train de tester Energie EcoPlanet, un système d’approvisionnement des ménages en électricité, produite par le vent et l’eau. Et le groupe français Total a choisi l’autoroute Ruisbroek-Bruxelles comme lieu de sa première station à hydrogène en Europe.

On ajoutera à cela que les compagnies belges exportent un savoir-faire en matière d’environnement à leurs voisins. La chaîne d’habillement C&A – dont le propriétaire est hollandais mais dont le siège est établi à Bruxelles – a ouvert récemment la première boutique en Europe titulaire d’une certification BREEAM, à Mainz, en Allemagne. Le magasin réduira d’environ 50% sa consommation d’électricité et de 70% sa consommation de fuel de chauffage, et il sera également neutre en CO2. En 2008, la société a lancé une collection de coton de culture biologique, vendue au même prix que les articles en coton traditionnel. Les profits générés par les ventes des sacs en coton bio seront reversés à des projets de promotion de la culture des plants dans les pays en développement.

En Belgique, les entreprises vertes le sont à des niveaux différents. Prenez les moines Trappistes Cisterciens de Chimay, qui ont non seulement voué leur vie au service de Dieu mais aussi à la production de produits de consommation durables, notamment la bière et le fromage. L’eau nécessaire à la fabrication des 120 000 hectolitres de bière annuels, provient des puits creusés dans les sous-sols de l’abbaye. Les déchets de cosses de céréales issus du brassage reviennent dans les fermes de production laitière de Chimay, la levure excédentaire obtenue dans le processus de fermentation est revendue sous forme de tablettes et l’eau usée est traitée et réutilisée dans la région.

Les bénéfices de la vente de la bière et du fromage sont réinjectés dans des projets de développement d’organisations caritatives et de la communauté. D’autres entreprises alimentaires durables ont un profil plus entrepreneurial, comme Alpro par exemple, société de produits à base de soja, propriété du puissant groupe belge Vandemoortele.

Alpro, et ce n’est pas surprenant, proclame que la consommation de soja permet de sauvegarder les ressources naturelles, qui autrement seraient englouties par le bétail. En outre, les plants de soja absorbent l’azote présent dans l’atmosphère, réduisant ainsi l’utilisation des fertilisants artificiels. La compagnie

s’est également engagée dans de nombreux projets, en vue de se voir décerner l’agréation de meilleure société dans le domaine de l’efficacité énergétique d’ici 2012. Et d’ici 2020, Alpro compte arriver à se positionner comme neutre en CO2. À ce jour, la société aurait déjà réduit sa consommation d’énergie de 25% et produit 10% de sa propre énergie verte.

Bien que tous ces exemples soient éloquents en matière environnementale, il serait impossible de ne pas mentionner Ecover dans la liste des compagnies vertes belges. Fondée en 1980 par Frans Bogaert, dont le rêve était de créer un produit de lessive sans phosphates – à chacun son rêve, non ? – la marque comprend une gamme sans cesse croissante de produits ménagers, conçus à base de plantes et de minéraux. La compagnie met en pratique ce qu’elle prêche. Ecover opère dans des usines construites pour bénéficier au maximum de la lumière du jour, avec des toits recouverts de sedum, support à des plantations sauvages. Les infrastructures n’utilisent que de l’énergie verte et elles disposent de leurs propres systèmes de purification d’eau ainsi que des chasses d’eau alimentées par l’eau de pluie. La société peut aussi s’enorgueillir de suivre des recommandations environnementales en matière de sélection des ingrédients et de processus de fabrication, beaucoup plus strictes que celles édictées par la législation de l’UE.

À ce stade, la seule façon de faire mieux qu’Ecover pour l’environnement – ou en tout cas pour la promesse d’un environnement meilleur – serait purement et simplement de ne jamais nettoyer.

Cinq marques vertes européennes

Société européenne la plus verte… de produits électroniques

Greenpeace a récemment classé Nokia, le géant finlandais de la téléphonie, comme la marque de produits électroniques la plus soucieuse de la protection de l’environnement, notamment pour l’amélioration de ses pratiques de recyclage en Inde, pour son approche en matière de produits chimiques toxiques et pour ses appareils qui ne contiennent pas de PVC. En outre, la compagnie vise à produire d’ici la fin de l’année des nouveaux modèles exempts de retardateurs de flamme bromés et d’antimony trioxide.

Société européenne la plus verte… d’ampoules électriques

Philips a lancé sa campagne A Simple Switch (Un simple geste) en 2007 afin de promouvoir l’éclairage à faible consommation d’énergie. La compagnie hollandaise a fait de grands pas pour proposer des produits à faible consommation, réduisant l’année dernière la puissance en mode standby de ses téléviseurs de 8 ou 9 watts à 0.15 watts.

Société européenne la plus verte… de voitures

Selon JATO Consult, le cabinet spécialisé dans l’information automobile, Fiat est le constructeur européen qui est arrivé en première position en 2008, dans la production de voitures émettant le meilleur ratio moyen de CO2, à savoir 133.7g/km. Peugeot arrive en seconde position et Citroën, avec sa filiale PSA, en troisième place

Société européenne la plus verte… d’hôtellerie

Le groupe hôtelier scandinave, Scandic, s’est engagé à éliminer de moitié ses émissions fossiles de CO2 d’ici 2011 et totalement à l’horizon 2025. La majorité de ses hôtels ont été récompensés par l’éco-label Nordic Swan et le groupe a annoncé qu’il n’achèterait plus d’eau en bouteille, proposant en remplacement de l’eau filtrée du robinet.

Société européenne la plus verte… de construction

Le nouveau quartier général de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, établi sur les rives du lac de Genève, est construit en béton recyclé, et l’électricité nécessaire à l’éclairage et à l’approvisionnement des ordinateurs est produite via de l’énergie géothermique et des panneaux photovoltaïques installés sur le toit.

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