Protection des tortues marines en Sierra Leone ou nettoyage des déchets en Ouganda, les héros verts d’Afrique nous montrent un bel exemple de ce que nous devrions faire pour sauvegarder notre planète
Résolus dans leur poursuite d’un futur plus durable pour l’Afrique, les conservateurs, les militants et les environnementalistes à travers le continent, ont l’habitude de mettre leur vie en première ligne pour préserver les espaces verts, sauvegarder la faune et encourager des politiques plus respectueuses de l’environnement. Grâce à leur ingéniosité et à leur engagement, ils ont permis à des milliers de petits agriculteurs d’améliorer leurs revenus et ils ont redonné aux communautés locales la force d’agir de façon plus responsable. Rencontre avec quelques chefs militants de la révolution verte en Afrique.
Edward Aruna, 39 ans, Sierra Leone
Aruna œuvre sans répit pour la préservation des tortues marines en Sierra Leone Durant près de 15 années, Edward Aruna, de la Société de Conservation de Sierra Leone, a mené des recherches et a protégé les tortues marines. Malgré leur protection par la loi, ces créatures sont encore capturées dans les filets des pêcheurs et consommées par les villageois. De plus, elles doivent affronter la perte de leurs sites de ponte face à la montée du niveau des mers. “Je désire mener une vie pleine de défis, et j’ai choisi de relever celui-ci,” explique Aruna en partant d’un rire.
Il a travaillé avec les communautés côtières pour marquer et relâcher ensuite plus de 200 tortues depuis 2003. Grâce au soutien des dons internationaux, il a engagé 30 moniteurs de plage et il a persuadé les communautés locales de savourer la vue des tortues, plus que leur chair. Katrina Manson
Pedro Vaz Pinto, 41 ans, Angola
On attribue à Vaz Pinto la sauvegarde des antilopes géantes des sables de l’extinction Lorsque la guerre civile prit fin en Angola après quelque trois décades, la population craignit que l’antilope géante des sables – un symbole national – n’ait totalement disparu. Mais Pedro Vaz Pinto refusa de se résoudre. Il mit sur pied le Projet de Conservation des Antilopes Géantes des Sables pour retrouver les derniers troupeaux survivants. Aujourd’hui, cette espèce est officiellement protégée et sa population est passée à 200 individus. En 2006, il a reçu le Whitley Award, en reconnaissance de son engagement. Miriam Mannak
Awa Fall, 43 ans, Sénégal
Fall utilise une méthode éprouvée de plantation d’arbres, appelée régénération assistée pour améliorer la qualité de vie dans son village “Il y a huit ans d’ici, cet endroit était à peine habité,” confie Awa Fall, en désignant les huttes de terre, un peu plus loin. “La nuit, du sable du désert était amené par les vents et chaque matin, nous devions nous charger de l’enlever. Les conditions de vie étaient impossibles ici.”
Awa et 30 autres agriculteurs ont travaillé de concert avec l’agence du développement du Plan du Sénégal, afin de planter des arbres indigènes résistants à la sécheresse, comme l’eucalyptus et l’acacia. Le village est aujourd’hui entouré d’espaces boisés.
“Les oiseaux sauvages et même les singes reviennent,” explique Awa. “Nous n’en croyons pas nos yeux : toutes ces transformations en si peu de temps !” Angela Robson
Alex Byarugaba, 52 ans, Ouganda
Le propriétaire de Plastic Recycling Industries Limited se débarrasse des ordures à n’en plus finir et des déchets à Kampala Dans la partie Est de Kampala, Alex Byarugaba recycle les bouteilles en plastique en matière première, qui est employé pour la fabrication de tapis et de vêtements d’hiver. “C’est dommage que les collectes de poubelles dépensent tellement d’argent pour gérer les décharges, alors que les déchets peuvent être recyclés en matières brutes pour divers produits,” explique-t-il.
Un investissement de 1m $ (2bn UGX /780 000 €), financé en partie par le gouvernement des Pays-Bas, est un rêve devenu réalité pour Byarugaba, qui a “toujours été obsédé par l’idée de transformer les déchets en argent”. Phillip Corry
Adama Bah, 56 ans, Gambie
Bah a fondé Gambia Tourism Concern en 1994 et il est un des fervents supporters du tourisme durable en Afrique occidentale En 2000, Adama Bah a fondé l’Association des Petites Entreprises de Tourisme pour soutenir les petites entreprises. C’est lui qui est intervenu dans la mise sur pied de ‘Gambia is Good’ en 2004, une initiative de fourniture de fruits et de légumes locaux aux hôtels qui avaient l’habitude d’importer leurs aliments d’Europe.
La même année, Bah a reçu le World Travel Market Responsible Tourism Award pour la plus importante contribution individuelle au tourisme responsable. Depuis lors, il coordonne la politique touristique durable du pays et il est également responsable pour la Gambie de la Travel Foundation. Son ambition : “amener les touristes à soutenir l’économie locale en achetant des biens et des services locaux”. Richard Trillo
Wangari Maathai, 69 ans, Kenya
Le Dr Maathai est une environnementaliste, lauréate du Prix Nobel de la Paix Wangari Maathai n’a jamais recherché la reconnaissance, et pourtant, son engagement sans faille dans la cause environnementale lui a valu de recevoir le Prix Nobel de la Paix en 2004. Depuis lors, la réputation de grande héroïne du Dr Maathaia, n’a cessé de se propager et en 2006 elle a dirigé la campagne “pour un milliard d’arbres” du PNUE. Devrait-elle s’arrêter en si bon chemin ? “Je suis certaine que nous.
Si toutes ces interviews de « héros verts » vous ont donné matière à réfléchir sur vos engagements pour la planète, vous pouvez déjà commencer à améliorer votre empreinte de carbone en logeant agréablement dans l’un des ces spectaculaires éco-lodges
Sosian Lodge Kenya
Ce ranch africain restauré est très impliqué dans le travail de la communauté et de conservation. On y récolte l’eau de pluie pour l’eau potable, on y utilise seulement des branchages morts pour le feu. Le ranch emploie dans son staff 80 personnes de la communauté locale. Il offre également une cuisine fait maison, basée sur des ingrédients frais issus du potager bio. sosian.com
Camp Rio Longa Angola
Les voyageurs peuvent se relaxer dans les luxueuses tentes du Campement de Rio Longa. Montées sur des plateformes en bois, elles surplombent un écosystème composé d’eau fraîche et salée du fleuve Longa. Réputé pour son projet de relocalisation des éléphants, cet endroit déborde d’activités, depuis la pêche jusqu’à l’observation des oiseaux en passant par des projets de sauvegarde des tortues. riolonga.com
Bwindi Lodge Ouganda
En surplomb d’une forêt qui abrite des gorilles, des singes et des oiseaux, ceci est l’ ultime éco-lodge, avec des arches en pierre et en tuiles, des toilettes à compost dans les chambres, des douches de savane et l’énergie solaire. Le lodge n’est pas seulement apprécié des touristes – de temps à autre, les gorilles viennent aussi y dormir. volcanoessafaris.com pouvons faire plus,” affirme-t-elle, avec son style direct, si caractéristique. “Je suis trop impatiente, je voudrais que la campagne réalise un score de deux milliards.” Victoria Averill
Silas Kpanan’Ayoung Siakor, 39 ans, Liberia
Siakor montre comment le régime précédent au Liberia a utilisé les profits de l’exploitation des forêts pour financer la guerre civile En diffusant son rapport sur la façon dont le régime précédent au Liberia a utilisé les profits de l’exploitation illégale des forêts pour financer la guerre civile, Silas Kpanan’Ayoung Siakor a mis sa vie en danger – des menaces de mort l’ont forcé à l’exil. Lorsque Ellen Johnson-Sirleaf fut élue présidente en 2006, elle ordonna l’établissement d’un avis de protection de 3,7 millions d’acres de la superficie forestière. Depuis ce moment-là, Siakor collabore avec le gouvernement afin de créer des politiques durables pour le bois et de donner une voix aux communautés forestières locales. Ses efforts ont été récompensés par le prestigieux prix Goldman pour l’environnement. Miriam Mannak
Albert Mbonerane, 56 ans, Burundi
L’ancien ministre de l’environnement du Burundi a fait des espaces verts de Bujumbura sa mission, pour le plaisir de ses habitants Albert Mbonerane est en train de changer le paysage du Burundi. Ses réalisations incluent la préservation du lac Tanganyika et de ses rives environnantes et la restauration via la reforestation et la réhabilitation des espaces verts à Bujumbura. C’est sous sa direction qu’un nouveau parc a été ouvert dans la ville en 2008.
Lorsqu’il s’agit de préserver la planète, Mbonerane est prompt à souligner que “la Planète Terre nous parle – nous devrions tous écouter, décoder le message et répondre rapidement”. Carmen Nibigira