A tale of two capitals

Histoire de deux capitales

Adam Karlin met en perspective Yaoundé et Douala, les deux pôles de la dimension urbaine du Cameroun

Le Cameroun aime se présenter comme un concentré d’Afrique, comme un seul pays qui intégrerait l’ensemble du continent, ou à tout le moins l’Afrique occidentale et l’Afrique centrale – avec la jungle et le Sahel, l’islam et la chrétienté (et les religions traditionnelles), une population anglophone (20%) et francophone (80%).

Le pays possède en tout cas tous les éléments de l’urbanisation africaine : les ajustements et les surgissements de l’essor urbanistique non planifié à côté des infrastructures coloniales ; les nouveaux immigrants et les professionnels de haut vol ; les hôtels à multi-étages et les squats ; les développements soutenus par la micro-finance et les imposants chantiers de construction financés par le gouvernement. Yaoundé et Douala, respectivement les capitales politique et économique du pays, sont au cœur de cette urbanisation frénétique.

Yaoundé garde un sens des proportions coloniales, tandis que Douala connaît une expansion propre à l’esprit d’entreprise qui caractérise l’Afrique occidentale. Yaoundé accueille les diplomates, les responsables des grandes administrations et les travailleurs des ONG ; Douala attire les marchands, les marins, les immigrants chinois et leurs nouveaux business. La distinction se marque même géographiquement, Douala étant une plaine littorale humide et Yaoundé, un territoire de vertes collines.

Douala : combines, manigances, vertige de la croissance

À Douala, tout est une question de combines : gagner de l’argent et le gagner vite. Cette énergie entrepreneuriale s’impose comme une évidence dans les restaurants et les hôtels de la ville.

Le centre de Douala, pour ainsi dire, est coupé en deux par le Blvd de la Liberté. Il est ancré dans le quartier d’Akwa, où sont implantés les cafés libanais chics, les restaurants haut de gamme et les plus grands hôtels. L’Akwa Palace (Blvd de la Liberté) est un des meilleurs établissements du coin et des rénovations récentes lui ont apporté un nouveau confort, ce qui ajoute encore à son atmosphère exquise ; il suffirait de quelques meubles plus anciens pour se sentir résolument de retour à l’époque coloniale. Il a toujours l’air d’être un des derniers bastions de l’opulence de l’Occident. Vous pouvez siroter un verre près de la piscine et être servi par un personnel habitué à la réserve. ‘Colonial’ n’est sans doute pas le terme qui définirait le mieux le style des chambres, qui sont modernes, spacieuses et bien entretenues.

Le signe le plus tangible de l’activité économique de Douala – et de son expansion – est son infrastructure portuaire, qui fonctionne jour et nuit sans discontinuer, avec le roulement lent des containers de la compagnie Maersk, déchargés des camions. Ces poids lourds sont omniprésents dans Douala et sur les routes du Cameroun, qu’ils sillonnent dans un train d’enfer pour transporter leur marchandise dans tout le pays et au-delà les frontières.

On ne visite pas facilement le port, pour des raisons de sécurité, mais vous pouvez contempler son animation, installé avec une bière et un plat de poisson à la terrasse du Foyer du Marin (Rue Gallieni), l’un des lieux de rendez-vous des expats et de l’élite camerounaise. Un hôtel décent de catégorie moyenne, le Foyer accueille sur sa véranda ombragée des voyageurs britanniques, des touristes français, des représentants d’ONG, des hommes d’affaires camerounais tirés à quatre épingles, des équipages de marine marchande et quelques journalistes, tout ce monde se retrouvant tranquillement autour de la piscine cristalline. Juste derrière le coin se trouve le Résidence Hôtelière la Falaise (Rue Joffre), l’un des derniers hôtels de Douala et l’un des plus spacieux aussi. Les chambres sont un peu ternes, mais le restaurant sert une délicieuse “viande de brousse” réglementaire, et l’accès à internet est fiable – chose rare dans ces contrées.

La position de centre économique de Douala façonne son expansion : les nouveaux développements viennent souvent s’ajouter aux marchés de la ville, qui se propagent de façon chaotique dans le quartier de New Bell. Le Marché de Lagos (entre la Rue de New Bell & Rue Congo Pariso) reste l’endroit où la grande majorité des activités commerciales se déroulent mais le nouveau Marché Chinois (New Bell) avec ses commerçants issus de l’immigration connaît une importante expansion. On y vend de tout : chaussures, montres, t-shirts bon marché et une panoplie d’autres articles.

Yaoundé: une ville-jardin dans les collines

Le voyageur doit s’attendre à trouver moins de nouveaux gratte-ciel dans la verdoyante Yaoundé. C’est dû notamment au manque d’espace dans le centre fort peuplé de la capitale. Cela dit, le centre de la ville mérite un peu d’exploration, et plus particulièrement dans le domaine culinaire. On trouve dans Yaoundé les meilleurs exemples de la cuisine française coloniale du Cameroun.

La survivance de cette cuisine n’est pas simplement une réminiscence de l’histoire coloniale, c’est une évolution de celle-ci. On recense des pâtisseries, des boulangeries et des brasseries dans tout le Cameroun, mais ces établissements ont un côté plus authentique ici. C’est sans doute lié à l’esprit qui règne à Yaoundé, à la croisée de l’Afrique moderniste avec ses blocs d’immeubles et de l’Afrique romantique aux racines coloniales.

Bon, il y règne une humidité terrible, mais qu’à cela ne tienne ! Allez boire un rouge sec et observez les gens de la terrasse du restaurant Le Cintra (Av. Kennedy). Ce n’est peutêtre pas le bistrot typique à la française qui mériterait sa propre chanson d’Edith Piaf, mais le steak frites et autres plats de brasserie sont de qualité supérieure. Près du marché principal (sans oublier l’Alliance Française) se trouve la Pâtisserie Select (Av. Monseigneur Vogt). La clientèle régulière d’expatriés ainsi que l’odeur des beignets, des croissants et des pizzas sont la preuve que cet endroit est un must en matière de boulangerie française ; les baguettes au saucisson et au fromage sont un délice.

Après avoir entrevu une lueur de Paris en Afrique centrale, vous pourriez avoir une révélation pour Yaoundé même et sa population. L’une des meilleures façons d’apprécier cette ville est sans doute en parcourant ses plus beaux points de vue : les collines des alentours, truffées de recoins à explorer et où se reposer.

Le Musée d’Art Camerounais (Quartier Fébé ; contribution de 2 000 CFA recommandée ; 15-18h jeu, sam & dim) fait partie du monastère Bénédictin, un lieu idyllique de Yaoundé dans l’ombre du Mont Fébé. L’endroit est fantastique pour observer la confluence du Cameroun traditionnel et de celui en voie de modernisation ; appréciez le presbytère catholique empli d’iconographies et d’œuvres d’art de l’époque préchrétienne. La visite du monastère même est fascinante. Cette excursion est représentative de la place que Yaoundé accorde à la culture (dans ce cas-ci, la religion).

Si l’on vous conduit jusqu’ici, vous pourriez envisager de passer une nuit à l’Hôtel Mont Fébé. Après un petit tour du buffet au bord de la piscine, relaxez-vous dans l’eau et contemplez Yaoundé depuis l’un des points de vue les plus surprenants de la capitale, heureux à l’idée de continuer votre expédition dans les jours suivants.

Er waren eens Twee Hoofdsteden

Adam Karlin gaat op ontdekkingtocht in Yaoundé en Douala

Kameroen stelt zichzelf graag voor als een land waar je alle elementen van het Afrikaanse continent in terugvindt. Of tenminste alles van West- en Centraal-Afrika – jungle en Sahel, de Islam en het Christendom, Engelstaligen (20%) en Franstaligen (80%).

En het klopt. Het land bevat een mix van alle elementen van de Afrikaanse urbanisatie, met in het hart Yaoundé en Douala, respectievelijk de politieke en economische hoofdstad van het land.

In Yaoundé heerst nog steeds een gevoel van koloniale relaties, terwijl in Douala het West-Afrikaanse ondernemerschap hoogtij viert. Geografisch gezien is het onderscheid duidelijk: de vochtige vlakte van Douala is niet te vergelijken met de groene heuvels van Yaoundé.

Douala: Groei dankzij eeuwig gemarchandeer en gesjacher

In de binnenstad van Douala vind je massa’s Libanese cafés, chique restaurants en de meest prestigieuze hotels van de stad. Het onlangs gerenoveerde Akwa Palace (Blvd de la Liberté) is de absolute topper.

Je kunt de drukte van de haven gadeslaan van op het terras van Résidence Hôtelière la Falaise (Rue Joffre) met een koud biertje en een lekker visgerecht.

De nieuwe Marché Chinois verkoopt dozen vol goedkope schoenen, horloges en T-shirts.

Yaoundé: Tuinstad in de heuvels De sfeer in Yaoundé is een kruising tussen modernistische Afrikaanse flatgebouwen en romantisch koloniaal verval. In centraal-Yaoundé kan je de lekkerste Franse kookkunst proeven van heel Kameroen.

Bestel biefstuk-friet bij Le Cintra (Ave Kennedy) en beignets, croissants, pizza en worst en baguettes met kaas bij Patisserie Select (Ave Monseigneur Vogt).

De beste manier om de charme van de stad echt te leren kennen, is een bezoek aan de omliggende heuvels, waar tal van interessante verborgen hoekjes wachten om ontdekt te worden.

Het Musée d’Art Camerounais (Quartier Fébé; CFA 2000 donatie aangeraden; 15-18 uur do, zat & zon) is een fascinerende plek. Een mooi voorbeeld van Yaoundés liefde voor cultuur.

Wil je in alle rust overnachten na een hele dag op stap te zijn geweest? Dan kies je best voor Hôtel Mont Fébé.

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