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PARCOURS DES AFFAIRES

Nous avons analysé les effets de la stabilité à Luanda sur la croissance économique de l’Angola. Nous avons également examiné le potentiel financier du marché immobilier, encore sous-exploité en Afrique

DES BRIQUES ET DU MORTIER

La sous-exploitation du marché immobilier en Afrique constitue-t-elle la clé de l’avenir du continent?

Selon la personne à qui vous vous adressez, les besoins annuels en aide du continent africain oscillent entre 20Md € et 70Md €, afin de financer une variété d’infrastructures et d’autres initiatives sociales. Certaines de ces personnes, comme notamment l’expert en économie du Kenya James Shikwati, avancent que l’aide au développement inonde artificiellement les marchés africains, créant une distorsion des prix des produits agricoles et manufacturés et rendant globalement les industries non compétitives. Résultat : des exportations limitées, moins d’innovation et un potentiel réduit, empêchant de générer des revenus durables pour le pays.

Le professeur péruvien Hernando de Soto, un économiste qui suscite la controverse, croit que la solution réside dans le potentiel sous-exploité du marché immobilier en Afrique. Selon lui, sans accès à la propriété, les Africains pauvres sont en effet privés du moyen idéal de réaliser leur potentiel économique – l’immobilier constituant un bien inébranlable pouvant être utilisé pour accumuler de la richesse et avoir accès au crédit. On ne s’étonnera donc pas que la propriété immobilière ait été identifiée par l’Overseas Private Investment Corporation aux États-Unis comme “la seule et plus grande réserve de richesses pour les individus, et une source importante de capital de base pour les entrepreneurs”. La Société financière internationale (SFI) et la Banque mondiale ont également des programmes qui promeuvent le droit à la propriété.

On a constaté toutefois une certaine résistance de la population africaine, craignant que le gouvernement ne taxe leur terrain s’il devenait leur propriété légale. On peut voir cela autrement et dire qu’un gouvernement qui taxe sa population peut compter directement sur cette dernière et être moins tributaire des dollars des donateurs.

AFFAIRE À SUIVRE

Jammila Wafula Omido a créé sa propre entreprise basée à Kampala, en Ouganda. Son affaire, Jays Links International, est spécialisée dans la fourniture et la maintenance de générateurs électriques ainsi que dans le transport et les solutions logistiques

J’ai 32 ans et j’ai démarré ma compagnie en novembre 2007. Auparavant, je travaillais comme assistante personnelle du directeur dans une société similaire. Lorsqu’une personne de mon entourage m’a suggéré de me lancer à mon propre compte, j’ai réfléchi à la question et j’ai décidé de franchir le pas.

Ma société est située à Kampala. Mais nous avons des clients qui viennent de loin, du Kenya, du Rwanda, de la RDC ou encore du Soudan.

Le fait d’être une femme dans un secteur habituellement dominé par les hommes ne constitue pas du tout un défi pour moi. Mon plus grand défi, c’est d’avoir des clients qui passent des commandes et qui ne suivent pas financièrement…Cela rend la bonne gestion d’une société relativement ardue.

En septembre, nous allons créer une filiale dans un nouveau secteur : l’horticulture. J’ai remarqué que même les simples plants, comme les meilleures carottes, sont importés du Kenya à destination de l’Ouganda. Je voudrais cultiver localement des plantes organiques de qualité, qui puissent être ensuite distribuées dans toute l’Afrique de l’Est.

LE DERNIER MOT

L’hospitalité africaine aux mains des Africains

Les Hôtels Protea sont à nouveau revenus à 100% dans des mains africaines après un rachat auprès de Stella Hospitality Group, basé en Australie. Avec des hôtels au Kenya et en Ouganda, Protea possède le deuxième plus grand portefeuille d’établissements en Afrique et bien que son marché soit décentré vers l’Afrique du Sud, le plan est de développer le business à travers l’ensemble de l’Afrique sub-saharienne.

UNE VILLE AVEC DE GRANDES ASPIRATIONS

Luanda apparaît comme le joyau de la couronne en Angola

En 1850, Luanda était l’une des villes coloniales les plus développées du Portugal, et durant les années 1960 elle a connu une croissance fulgurante au point d’être surnommée le “Paris d’Afrique”. Malheureusement, une grande partie de sa grandeur s’est dégradée durant la guerre civile qui a duré 27 ans, et qui a pris fin en 2002. La stabilité cependant a apporté dans son sillage une forme d’expansion qui pourrait à la fois faire de l’Angola l’une des nations les plus riches d’Afrique et redonner à Luanda une position de choix sur la carte mondiale. On s’attend cette année à une croissance de 11,8%, venant de 15,6% en 2008, largement soutenue par d’énormes réserves en ressources naturelles.

L’espoir est que cette stabilité installée à Luanda, couplée à des améliorations dans les infrastructures dans la ville et aux alentours, entraîne également une stabilité dans l’ensemble de l’Angola. Ainsi, les zones plus reculées comme les plages ensoleillées de Benguela, la riche forêt de Maiombe à Cabinda et même le désert de Namib, pourraient devenir des lieux plus attrayants pour les touristes.

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