Rush hour

Heure de pointe

Nairobi abrite la crème de l’élite internationale de la course à pied. Zoe Alsop a enfilé ses chaussures de sport pour prendre part à la course la plus folle de sa vie dans la capitale kenyane

Nous zigzaguons en remontant une pente abrupte dans le Parc Uhuru, au centre de Nairobi, lorsque mes compagnons de course kenyans m’interpellent. “Qui transpire maintenant ? Qui est essoufflé ?”, s’écrie Nahason Gitonga en me dépassant d’un bond. On entend des gloussements – oui, des gloussements – émis par ceux qui m’entourent et qui sautent dans les airs comme un troupeau d’impalas tourisme excessivement prévenante - dans le style livraison des bagages, ouverture des portes et conduite avec chauffeur - qui n’a fait que renforcer le problème.

La survie des plus aptes

Jusqu’à récemment, le commun des mortels voyageant au Kenya devait admirer des coureurs comme Gitonga derrière la vitre de leur voiture. Gitonga et son groupe souhaitent changer cette situation. Lui et les 10 hommes qu’il entraîne dans l’équipe Run2gether Sports International sont fatigués de devoir gagner durement leur vie avec des jobs temporaires, entre trois entraînements quotidiens. Ils augmentent désormais leurs faibles revenus en entraînant des coureurs sur des parcours personnalisés, le long de leurs chemins favoris. “Nous partageons ce même amour de la course,” explique Gitonga. “Nous avons dès lors pensé : pourquoi ne pas nous entraider ?”

Jetez un coup d’oeil lorsque vous passez en voiture sur la route de l’aéroport et vous aurez peut-être la chance de les voir – un groupe d’hommes et de femmes élancés, se faufilant au milieu de la matinée comme une apparition parmi le trafic et ses bruits de klaxons.

Ils font partie de cette multitude de coureurs brillants qui constituent l’une des plus puissantes cultures de la course athlétique dans le monde. Ramassé à l’arrière d’un taxi après un long vol, vous pourriez être tenté d’idéaliser cette course et de la considérer comme un don tombé du ciel. Les athlètes cependant seraient d’un tout autre avis. “La course au Kenya est une guerre,” dit Gitonga, 30 ans, qui a survécu dans les rangs anonymes des coureurs d’endurance de Nairobi durant une décennie. “Les Kenyans doivent se battre même pour leur survie. Lorsque les autres ressentent de la douleur, ils ralentissent ou s’arrêtent. Nous, nous accélérons.”

Une course non ordinaire

J’ai rencontré Gitonga et son équipe pour la première fois lorsque je joggais à travers l’Arboretum de Nairobi. Ils m’ont taquinée sur la lenteur de mon allure et m’ont proposé de me remettre vigoureusement en forme. Cela m’a pris un an, mais j’ai fini par avoir le courage de répondre positivement à leur offre.

Finalement j’ai appelé Gitonga qui m’a invitée à rejoindre le groupe dans les sinueuses Ngong Hills. J’étais tentée. Ces collines constituent une légende pour les coureurs, et parmi les milliers d’athlètes qui parcourent ses crêtes à l’aube, on recense Sammy Wanjiru, médaille d’or olympique, Robert Cheruiyot, quatre fois champion du Marathon de Boston et le grand Paul Tergat. Toutefois, j’ai résisté, mais j’ai convaincu Gitonga de me rencontrer à l’arboretum, à quelques kilomètres du centre de la ville.

Je suis arrivée tôt, légèrement tremblante à l’idée de cet entraînement. Je n’ai aucune disposition pour le combat ni pour la guerre. Je ne suis même pas sûre que j’ai envie de courir. Mais lorsque je suis sur le point de me demander si je rentre chez moi sur la pointe des pieds, les coureurs arrivent et m’emmènent pour un échauffement.

En chemin vers la ville, ils m’expliquent leur programme d’entraînement et tour à tour me racontent, en passant à ma hauteur, des histoires de courses en Allemagne, en Autriche et, les plus dures de toutes, au Kenya. “Il arrive que vous vous retrouviez dans une course avec 60 personnes,” confie Mooken Lesolan, 23 ans, ancien vacher qui travaille à la réduction du temps de son semi-marathon en moins de 66 minutes, “40 termineront en 64 minutes et tout le monde en moins de 67 minutes.”

Lorsque nous remontons de la ville, passant à proximité de voitures agglutinées le long de Processional Way, je réalise avec stupeur que nous courrons depuis plus d’une heure. À la recherche d’un peu de repos, je supplie les athlètes de courir à un rythme plus lent et plus normal, pour une minute ou deux. Ils se redressent, lèvent les talons pour faire quelques pas, s’inclinent légèrement et repartent à grandes enjambées.

Lorsque je les rattrape, haletante, ils me rassurent. “Si tu t’entraînes, un jour, nous ferons de toi une championne,” déclare Kenneth Mbuthia, 29 ans, qui court le marathon en environ deux heures et 10 minutes.

Peut-être ou peut-être pas. Pour l’instant, ils m’ont simplement rendue heureuse.

Gardez la forme

Les autres sports que vous pouvez pratiquer et apprécier dans la capitale Kenyane

- Tennis Pour un entraînement rigoureux incluant les techniques de balles amorties, à la volée et le service, réservez une leçon à l’Impala Club (Ngong Road, tél. (0)20 386 5684). Vous pouvez y louer des raquettes. Des leçons de squash y sont également données.

- Golf Roulez le long de la Ngong Road et plus loin vous tomberez sur un parcours de golf neuf trous au Ngong Race Course. Ne manquez pas le spectacle de l’entraînement des pur-sang.

- Natation Si votre hôtel ne dispose pas d’une piscine, il existe de nombreux autres endroits pour barboter dans l’eau. Impala Club, YMCA (State House Road, tél. (0)20 272 4116) et la Guest House Méthodiste (Oloitokitok Road, Kilimani, tél. (0)20 387 1080) ont tous de grandes piscines accessibles pour 300 KES (2,70 €) ou moins.

- Capoeira Les passionnés de cet art martial acrobatique afro-brésilien se rencontrent les lundis et les mercredis soir au National Theatre (Harry Thuku Road).

Alsof de duivel je op de hielen zit

Een aantal van de beste lopers ter wereld komt uit Nairobi. Zoe Alsop trekt haar veters strak aan en loopt voor ons een eindje mee.

We zigzaggen een steile helling op in het Uhuru Park in Nairobi wanneer mijn Keniaanse looppartners de draak met me beginnen te steken. “Begin je nu al te zweten? Je hijgt bijna zo hevig als m’n hond” roept Nahason Gitonga lachend terwijl hij me voorbijloopt. Zij hebben, in tegenstelling tot ikzelf, al bijna 50 km in de benen. Maakt niet uit. Ik voel me in de zevende hemel.

Tot voor kort zou de doorsnee toerist in Kenia dergelijke lopers van uit de auto moeten hebben bewonderd. Gitonga en de 10 mannen die hij opleidt richtten onlangs Run2gether Sports International op om lopers te begeleiden op hun favoriete routes. “We delen een voorliefde voor lopen,” legt Gitonga uit. “Dus dachten we, waarom helpen we elkaar niet?”

Ze maken deel uit van het groepje briljante atleten die geruggensteund worden door een van de machtigste loopculturen. Van op de achterbank van een taxi na een lange vlucht zou je hun prestatie misschien al eens durven bestempelen als moeiteloos, maar daar gaan de atleten allesbehalve mee akkoord.

“Lopen in Kenia is oorlog,” zegt Gitonga. “Wanneer anderen afzien, zullen ze vertragen of ermee ophouden. Wij versnellen.”

Terwijl we opnieuw omhoog de stad uit lopen, stel ik geschokt vast dat we al meer dan een uur aan het lopen zijn. In een moment van dwaze opluchting vraag ik de mannen of ze een minuutje of twee aan het gewone tempo van hun trainingen willen lopen. Ze rechten hun rug, slaan hun hielen wat hoger de lucht in, schakelen een versnelling hoger en verdwijnen uit het gezichtsveld.

Wanneer ik ze eindelijk bijhaal, met mijn tong bijna op de grond, stellen ze me gerust. “Als je wil trainen, maken we van jou een echte kampioene” zegt Kenneth Mbuthia, die een marathon loopt in ongeveer twee uur en tien minuten.

Wie weet hebben ze gelijk. Maar voorlopig geniet ik gewoon van het feit dat ze me blij gemaakt hebben.

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